Le prix du pétrole est redescendu en dessous de 90 dollars le baril après les attaques de Téhéran ce lundi. Malgré les craintes d’escalade des tensions entre Israël et l’Iran, le marché semble anticiper une accalmie au Moyen-Orient. En effet, les spécialistes s’accordent pour dire qu’il n’y aura pas d’aggravation du conflit. Cette situation contraste avec la hausse des prix observée le mois dernier lorsqu’ils avaient atteint un pic de 92,18 dollars le baril suite à une intensification des tensions. Pourtant, actuellement, les cours du pétrole ont diminué de près de 1% et sont en légère baisse par rapport aux niveaux récents.
Une attaque symbolique et sans précédent de l’Iran
Dimanche, l’Iran a demandé à Israël de ne pas riposter militairement à son attaque en Syrie. Les frappes iraniennes ont été présentées comme une réponse légitime à la destruction de leur consulat à Damas par Israël. Cette situation avait fait craindre une escalade des tensions au Moyen-Orient et avait entraîné une hausse des prix du pétrole. Cependant, l’appel à la détente de l’Iran a contribué à apaiser la pression sur les marchés.
Les frappes iraniennes n’ont causé que peu de dégâts. Aucune victime n’a été signalée et environ 300 missiles balistiques ont été perdus ou détruits. Seuls quelques missiles ont atteint l’espace aérien israélien, touchant légèrement une base militaire qui est toujours opérationnelle. Ces conséquences mineures laissent entrevoir une désescalade des tensions dans un proche avenir.
La mission iranienne auprès de l’ONU a même annoncé que « l’affaire peut être considérée comme close » trois heures après le début de l’opération militaire. Les marchés anticipent maintenant le meilleur et se concentrent sur d’autres éléments tels que les résultats positifs de Goldman Sachs et les indicateurs économiques rassurants aux États-Unis, confirmant ainsi la vigueur économique outre-Atlantique.
Dans ce contexte, il est prévu que la demande en pétrole reste soutenue jusqu’en 2024 selon l’Opep.
L’impact d’Israël sur la situation
Les analystes sont optimistes, mais l’incertitude demeure en raison des prix élevés du pétrole. Le prix du baril de pétrole a constamment augmenté depuis décembre dernier, passant de 70 dollars à près de 85 aujourd’hui. Si Israël met fin à l’escalade, les prix pourraient rester stables. Cependant, si Israël décide autrement et attaque l’Iran, une escalade du conflit au Moyen-Orient pourrait entraîner une hausse importante des prix du pétrole jusqu’à 100 dollars le baril en raison d’un risque géopolitique accru.
Possibilité de blocage du détroit d’Ormuz ?
La République islamique est un grand producteur de pétrole et détient d’importantes réserves prouvées. Téhéran a le pouvoir de perturber les marchés en interrompant le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ou en faisant pression sur des pays comme l’Irak pour qu’ils réduisent leurs approvisionnements. Malgré cela, bloquer le détroit d’Ormuz serait une option extrême pour l’Iran, car cela entraînerait une guerre avec plusieurs pays et bloquerait ses propres exportations de pétrole.
Les USA cherchent à apaiser la situation
Les Etats-Unis sont attentifs à l’évolution des cours du pétrole, car une hausse aurait un impact négatif sur l’administration Biden et sur les prix de l’essence. Washington cherche à apaiser les tensions entre Israël et l’Iran, affirmant qu’ils ne participeront pas en cas d’une riposte israélienne. Les États-Unis semblent donc laisser les cartes dans les mains d’Israël dans ce contexte. Selon Francis Perrin, il est important de rester vigilant, car les anticipations peuvent se révéler fausses si la situation change.
Journaliste spécialisé en économie et emploi, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions du marché du travail et les politiques économiques. Mon parcours m’a conduit à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à l’emploi, aux réformes législatives et aux transformations des métiers.