Le gouvernement français a fixé un objectif ambitieux de produire 40 % des panneaux solaires utilisés en France d’ici 2030. Cela implique la création d’une filière industrielle nationale capable de produire divers composants clés pour l’énergie solaire, tels que le silicium, les lingots & wafers, les cellules, le verre solaire et les onduleurs. Ce projet nécessitera une montée en puissance significative de l’installation annuelle de panneaux photovoltaïques pour atteindre 6 GW.
La tâche ne sera pas facile car la France part pratiquement de zéro dans cette industrie spécifique. L’objectif va au-delà de simplement assembler des panneaux en France; il s’agit plutôt d’établir une chaîne complète de production nationale pour répondre à ces besoins énergétiques croissants. Le gouvernement reconnaît le défi mais reste déterminé à développer cette nouvelle capacité industrielle dans le pays.
Cet investissement massif vise à renforcer l’autonomie énergétique du pays tout en favorisant la transition vers des sources d’énergie plus durables et respectueuses de l’environnement. La production locale des panneaux solaires contribuera non seulement à réduire la dépendance aux importations, mais aussi à créer des emplois locaux et stimuler l’innovation technologique dans le domaine des énergies renouvelables.
Financer deux mégafabriques de 5 GW
La France s’efforce de renforcer sa production nationale de panneaux solaires.
– Seuls quelques acteurs français maîtrisent la fabrication des composants clés des panneaux solaires.
– Le gouvernement mise sur la construction de deux gigafactories pour atteindre 40% de production nationale.
– Carbon prévoit d’ouvrir une giga-usine à Marseille capable de produire 5 GW par an.
– La construction débutera en 2025 avec une production prévue en 2027.
Accord solaire entre gouvernement et sociétés énergétiques
Holosolis et Carbon sont deux entreprises françaises qui investissent dans des gigafactories pour produire des panneaux solaires. Holosolis à Hambach (Moselle) prévoit de produire 5 GW de cellules et modules par an grâce à la technologie TopCon. De son côté, Carbon vise une capacité de production similaire.
D’autres acteurs comme Meyer Burger et 3Sun misent sur des technologies différentes pour leurs usines en Europe. Pour que les projets français se concrétisent, ils bénéficient d’un soutien financier du gouvernement et s’engagent à augmenter la part de panneaux made in France d’ici 2030.
Afin d’assurer un débouché commercial aux nouvelles usines, le gouvernement a signé un pacte avec plusieurs développeurs d’énergies renouvelables et grands acheteurs. Ces accords visent à favoriser l’utilisation de panneaux solaires français dans leurs installations, soutenant ainsi la production nationale.
Pour garantir le succès de ces initiatives, il est crucial que les fournisseurs locaux répondent aux besoins croissants en matières premières telles que les wafer. Des investissements importants sont nécessaires pour augmenter la capacité de production et atteindre les objectifs fixés pour le photovoltaïque made in France.
Révision du critère carbone
Les critères de contenu carbone dans les appels d’offres pour la construction vont changer. Désormais, ils seront basés sur l’intensité carbone du mix électrique des pays producteurs des panneaux solaires français. La France étant un des leaders mondiaux en matière de nucléaire, cette mesure devrait favoriser les produits locaux.
Une prime bas-carbone sera accordée aux installations solaires respectant ces nouvelles normes. Cependant, certaines entreprises de grande distribution hésitent à installer des panneaux afin de ne pas immobiliser leur terrain pendant deux décennies. Elles réclament désormais des panneaux made in France avant de passer à l’action, mais ceux-ci ne seront disponibles qu’en 2027 voire 2028.
Malgré ce délai, le mouvement est en marche et les changements se profilent dans le secteur de l’énergie renouvelable en France.
Journaliste spécialisé en économie et emploi, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions du marché du travail et les politiques économiques. Mon parcours m’a conduit à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à l’emploi, aux réformes législatives et aux transformations des métiers.