Les métiers du numérique restent très demandés dans la région du Grand Est. Les offres d’emploi dans ce domaine sont nombreuses, allant de la programmation à la réparation informatique. France Travail et le syndicat Numeum soulignent un manque flagrant de formation adéquate pour répondre à ces besoins croissants. En 2022, plus de 28 000 postes liés au numérique ont été recensés, mais ces chiffres ne représentent probablement que la partie visible de l’iceberg selon les experts. La plupart des recrutements se font en dehors des canaux traditionnels, rendant les besoins réels encore plus importants qu’il n’y paraît.
3 000 emplois dans le domaine du numérique
Les entreprises du Grand Est ont affiché 3 000 offres d’emploi dans le secteur numérique l’an dernier. Les développeurs mobiles et les chefs de projets sont particulièrement recherchés. Cependant, il y a un décalage entre la formation initiale et les besoins du marché, ce qui crée des difficultés de recrutement.
Chaque année, 6 400 jeunes sortent de la formation initiale pour entrer sur le marché du travail dans la région. Mais seulement 60 % parviennent à trouver un emploi, principalement en raison de cet écart entre formation et besoins réels des entreprises. De plus, la proximité avec d’autres marchés comme la Suisse ou l’Allemagne complique davantage le recrutement.
Environ 20 % des futurs employés qualifiés préfèrent travailler pour des entreprises proposant des salaires plus attractifs à l’étranger ou même à Paris. Cette fuite de talents aggrave le manque de profils compétents dans la région selon Michaël Petit.
Une augmentation des diplômes de niveau bac + 5
Les recruteurs peinent à trouver des profils qualifiés, en particulier pour les postes d’ingénieurs. Il y a une forte demande pour des diplômés de niveau bac +5 avec de l’expérience, mais ces profils sont rares. Même les licences professionnelles ne suffisent plus.
Il existe un déséquilibre entre l’offre et la demande dans tous les niveaux de recrutement. Certains jeunes ont été mal informés sur les opportunités dans le domaine du numérique, ce qui a conduit à un manque de qualification même pour des diplômes de niveau bac +2.
La tendance démographique actuelle n’est pas favorable aux besoins du marché du travail. Les professionnels craignent une aggravation de la pénurie de candidats qualifiés dans le futur proche.
Nouveaux arrivants en formation très désirés
Les professionnels cherchent des moyens d’adapter la formation pour l’emploi.
Numeric Emploi a formé 326 demandeurs d’emploi en 2023 avec un taux de retour à l’emploi de 73%.
Cyprien Fischer souligne l’écart entre le besoin massif de postes et les 300 formations offertes par Numeric Emploi.
Il insiste sur l’importance de la formation initiale dans ces métiers qui sont peu propices à la reconversion.
L’introduction de nouveaux programmes comme Ynov Campus est attendue avec impatience pour répondre aux besoins du marché du travail.
Michaël Petit prévoit que les premiers diplômés d’Ynov Campus seront prêts dans trois ans et promet un suivi attentif des résultats obtenus.
Journaliste spécialisé en économie et emploi, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions du marché du travail et les politiques économiques. Mon parcours m’a conduit à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à l’emploi, aux réformes législatives et aux transformations des métiers.