Le gouvernement français souhaite défendre l’accord de libre-échange CETA entre le Canada et l’Union européenne. Malgré son rejet par le Sénat, le ministre du Commerce extérieur Franck Riester et la tête de liste Valérie Hayer veulent convaincre l’Assemblée nationale de ratifier cet accord. Ils mettent en avant les effets positifs sur l’économie française, notamment pour les secteurs agricole et viticole. Emmanuel Macron a également exprimé son soutien à cet accord lors du Conseil européen. Le gouvernement est déterminé à faire passer le CETA malgré les oppositions internes et externes.
Une stratégie risquée pour les Européennes
Le traité de libre-échange entre l’Europe et le Canada a refait surface au Sénat, provoquant un rejet par la Chambre haute. Cette situation représente un sérieux risque pour la majorité présidentielle, qui pourrait subir un revers à l’Assemblée nationale lors du prochain vote de ratification prévu pour le 30 mai. Le retour en force de ce texte suscite des inquiétudes politiques alors que les élections européennes approchent. En effet, une partie des Français est désormais favorable à davantage de protectionnisme et considère les accords commerciaux conclus par l’UE comme dangereux pour les entreprises européennes. La majorité présidentielle se retrouve également en mauvaise position dans les enquêtes d’opinion, avec une nette avance de la tête de liste du Rassemblement national.
Selon Erwan Lestrohan, directeur Conseil chez l’institut Odoxa, le risque politique majeur lié au retour du CETA est qu’il renforce la mobilisation et le vote sanction des oppositions lors des élections européennes. Les chiffres montrent que la liste de Valérie Hayer était à 17% dans les intentions de vote contre 29,5% pour le meneur du Rassemblement national selon une enquête récente d’Elabe pour La Tribune.
La position du gouvernement sur le CETA risque d’influencer le vote sanction
Le gouvernement prend un risque en soutenant le CETA, car cela pourrait augmenter les mécontentements. En effet, de nombreuses personnes souhaitent tenir compte de ce traité dans leur choix de vote, particulièrement parmi les opposants politiques comme les Insoumis et les sympathisants du RN. De manière générale, on constate une montée du vote contre la mondialisation en France. Selon une étude récente du CEPII, cette tendance s’explique notamment par l’augmentation de la concurrence due à l’importation croissante de biens. Il reste à savoir si le gouvernement saura prendre en considération ce message et agir en conséquence.
Journaliste spécialisé en économie et emploi, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions du marché du travail et les politiques économiques. Mon parcours m’a conduit à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à l’emploi, aux réformes législatives et aux transformations des métiers.