Alors que les six EPR 2 sont encore au stade de projet, des collectivités se mobilisent déjà pour accueillir huit réacteurs supplémentaires

Alors que les six EPR 2 sont encore au stade de projet, des collectivités se mobilisent déjà pour accueillir huit réacteurs supplémentaires

Le programme des six EPR 2 n’a pas encore franchi le stade de la décision définitive d’investissement que plusieurs territoires se positionnent déjà pour accueillir une nouvelle vague de réacteurs. Au total, huit unités supplémentaires sont envisagées, et six sites nucléaires existants sont cités parmi les candidats : Nogent-sur-Seine, Golfech, Tricastin, le Blayais, Creys-Malville et Chinon. L’État doit départager les propositions à l’horizon de la fin 2026, selon les éléments disponibles.

Cette mobilisation locale s’inscrit dans un calendrier à plusieurs vitesses. Les deux réacteurs prévus à Penly, ceux de Gravelines et ceux du Bugey constituent le premier programme, réparti sur trois sites ; des travaux préparatoires ont commencé à Penly en 2024. Pour les collectivités locales, l’enjeu est déjà de faire valoir les capacités d’accueil de leur territoire, alors que les conditions de financement, le calendrier et les autorisations restent déterminants. Derrière les candidatures, l’implantation de réacteurs engage des choix durables d’aménagement, d’infrastructures et de politique énergétique. La compétition entre territoires commence donc avant même que les premiers chantiers du programme initial aient véritablement pris leur rythme industriel.

Alors que les six EPR 2 sont encore au stade de projet, des collectivités se mobilisent déjà pour accueillir huit réacteurs supplémentaires

Six EPR 2 en préparation, huit réacteurs nucléaires à l’étude

Le programme actuel prévoit trois paires de réacteurs de nouvelle génération à Penly, Gravelines et au Bugey. Présenté par EDF comme un modèle destiné à faciliter la construction en série, l’EPR 2 et son programme industriel demeurent soumis à des étapes décisives, notamment en matière de sûreté, de financement et d’autorisations.

La perspective de huit réacteurs supplémentaires relève d’une phase distincte : elle ne signifie pas que les sites ont été retenus, ni que leur construction est décidée. Les collectivités concernées cherchent plutôt à inscrire leur territoire dans les scénarios futurs du développement du nucléaire. Pour comprendre les caractéristiques de cette technologie et les sites du programme initial, une présentation du programme EPR 2 permet de replacer ces nouvelles candidatures dans leur contexte.

Les six sites candidats aux huit réacteurs supplémentaires

Les candidatures mentionnées concernent des installations nucléaires déjà présentes sur le territoire. Le choix de sites existants peut présenter des avantages en matière de raccordement et de connaissance locale, mais il ne dispense pas d’évaluer les contraintes propres à chaque emplacement : capacité des réseaux, disponibilité des infrastructures et effets sur les communes environnantes.

  • Nogent-sur-Seine et Chinon figurent parmi les sites en lice.
  • Golfech et Tricastin défendent également leur capacité d’accueil.
  • Le Blayais et Creys-Malville complètent la liste des territoires cités.

La sélection pourrait porter sur jusqu’à quatre paires de réacteurs, mais le nombre de candidatures ne préjuge pas de la décision finale. Les autorités devront comparer les dossiers au regard de critères techniques et territoriaux, tandis que les élus locaux cherchent à démontrer les retombées possibles pour leur bassin de vie. Une analyse des six sites en compétition détaille cette phase de mise en concurrence.

Collectivités locales : les enjeux économiques et territoriaux des projets nucléaires

Pour les élus, accueillir de nouveaux réacteurs signifie anticiper bien davantage que l’emprise d’une centrale. Les besoins en logements, en transports, en services publics et en compétences spécialisées peuvent s’accroître pendant les travaux, puis évoluer avec l’exploitation. La mobilisation locale vise ainsi à peser sur les arbitrages, mais aussi à préparer les capacités du territoire à absorber un chantier industriel de longue durée.

Ces perspectives ne constituent toutefois pas une garantie de création d’emplois locaux ou de retombées équivalentes entre les sites. Les bénéfices dépendront notamment de la part des marchés confiée aux entreprises régionales, de la formation disponible et de la coordination entre acteurs publics et industriels. L’activation anticipée des collectivités territoriales illustre ce décalage entre les projets industriels encore en préparation et les démarches locales déjà engagées.

La politique énergétique à l’épreuve du calendrier

La relance de l’énergie nucléaire repose sur une séquence longue : études, décisions publiques, financement, procédures de sûreté puis réalisation. En 2026, les six premiers EPR 2 restent donc un programme en développement, tandis que le choix des sites susceptibles d’accueillir huit unités supplémentaires constitue un dossier distinct. La décision attendue sur les candidatures ne vaut pas autorisation de construire.

Cette distinction est essentielle pour mesurer la portée des annonces. Tant que les étapes réglementaires, industrielles et financières ne sont pas levées, les collectivités peuvent se préparer et défendre leur dossier, mais l’implantation de réacteurs demeure conditionnelle. La compétition territoriale précède ainsi la décision industrielle : elle traduit l’ampleur des ambitions affichées, sans effacer l’incertitude propre au calendrier des projets nucléaires.

Alors que les six EPR 2 sont encore au stade de projet, des collectivités se mobilisent déjà pour accueillir huit réacteurs supplémentaires

Journaliste spécialisé en économie et emploi, je décrypte depuis plus de quinze ans les évolutions du marché du travail et les politiques économiques. Mon parcours m’a conduit à collaborer avec des publications de renom, où j’ai analysé les défis liés à l’emploi, aux réformes législatives et aux transformations des métiers.